Confessions d’histoire

L'Histoire racontée par ceux qui l'ont vécue !

La grande interview de Ugo Bimar l’auteur et réalisateur de Confessions d’histoire pour Anarchy.pizza

Le nom de cette youtubrie sonne comme le titre d’une émission télévisée sortie tout droit d’une chaîne à très forte audience. Normale me direz-vous puisque confessions d’Histoire est une parodie de confessions intimes. En principe, tout bon journaliste web se doit de vérifier ses sources pour tenir compte de la véracité des propos tenus dans les contenus qu’il promeut. Or pour ce dossier j’ai dû affronter deux gros handicapes majeurs. Premièrement, je suis affreusement nulle en histoire. Deuxièmement, je n’ai pas pu. Oui j’ai faibli. J’ai bien réussi à taper le titre de l’émission frelatée dans mon moteur de recherche… mais la touche Entrée a soudainement disparu de mon clavier et mon doigt a directement foncé sur la touche Suppr. Finalement j’ai décidé de faire confiance à Ugo Bimar l’auteur et réalisateur de Confessions d’histoire qui a eu la gentillesse de bien vouloir répondre à mes questions.

Chapitre I : Au commencement, Ugo créa la guerre des Gaules

Avant de devenir une série web, Confession d’histoire,  “La guerre des Gaules” est au départ un pilote. Je vois sur ton site web Ugo Bimar, auteur-réalisateur de Confessions d’Histoire que tu es déjà de la partie. Peux-tu nous confesser ton histoire et nous conter toute la genèse de  cette aventure.

Mon histoire commence il y a fort longtemps, du côté des contreforts des montagnes cévenoles. Puis, a 18 ans, comme dit la chanson, j’ai quitté ma province pour Paris. Après des études de Philo et de Cinéma à la Sorbonne, ainsi que quelques courts métrages de jeunesse, j’ai commencé à bosser dans la post-production en tant que truquiste au début des années 2000. En 15 ans, j’ai travaillé sur des pubs et des longs métrages tels que (entre autres) « Alexander » d’Oliver Stone, « Les Brigades du Tigre » de Jérome Cornuau, « Enfermé dehors » d’Albert Dupontel, ou encore la restauration de « Mon Oncle » de Jacques Tati. Puis sur des génériques et habillages télé, réalisant au passage le générique de « Retour en Terre Inconnue », avant de revenir à la publicité ces dernièrs temps. Au fil des ans, j’ai aussi réalisé des petites pubs notamment pour internet, souvent en relation avec des trucages de type fond vert ou autre…
Après des années à travailler pour d’autres, mais aussi à subir les interventions des multiples commanditaires dans le monde de la pub, j’ai eu la pressante envie de développer mon propre projet, quelque chose sur quoi je puisse avoir un contrôle et une liberté totale. Je voulais aussi mettre en avant mes capacités d’écriture et de direction d’acteur, tant les effets numériques me collaient à la peau, et montrer que j’étais aussi à l’aise avec les humains qu’avec les pixels ! C’est ainsi qu’est né « Confessions d’Histoire », sans structure ni boite de prod, mais juste avec la furieuse envie de créer des petits films sans contraintes de format, de durée ou de langage, sans me soucier d’une quelconque « cible marketing » et en faisant juste un truc qui plairait avant tout à moi-même. C’est en définitive souvent le meilleur moyen de faire quelque chose qui trouve son public !
Après l’écriture des deux premiers épisodes fin 2013, ainsi que le dépôt du concept à la SACD (Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques), j’ai pu trouver le temps de tourner le « pilote » sur La Guerre des Gaules seulement pendant l’été 2014, avec la complicité de tous ces comédiens que je connais depuis des années, à commencer par mon pote Pascal Parmentier qui interprète Vercingétorix. Le reste du casting s’est formé naturellement autour de lui, avec les excellents Jean-David Stepler (Caesar), Bertrand Fournel (l’Helvète) et Laurent Mentec (le marchand d’esclaves, accompagné de mon fils Julian qui fait le petit esclave gaulois).

 

Pascal Parmentier Pascal Parmentier qui interprète Vercingétorix et Jean-David Stepler (Caesar) acteurs de confession d'Histoire

 

Bertrand Fournel (l’Helvète) et Laurent Mentec (le marchand d’esclaves) acteurs de confession d'Histoire

 

J’ai ensuite pris plusieurs mois pour finaliser ce pilote, travaillant en particulier l’habillage, le logo de l’émission, la musique avec mon collègue Franck Boilard. Au départ, l’intention n’était pas forcément de mettre ce pilote en ligne. C’est ma compagne Isabelle qui a proposé d’utiliser Youtube et de créer un site Web dédié, confessionsdhistoire.fr. Et très vite tout plein de gens ont manifesté leur enthousiasme devant cette Guerre des Gaules… Dès lors le projet a pris la forme d’une association à but non lucratif et il a fallu s’atteler à de nouveaux épisodes…

 

Chapitre II : La confrérie des confessionnalistes historiques

Tu ne peux pas t’attaquer à des sujets historiques en toute quiétude, sans susciter l’intérêt des puristes qui t’attendent au tournant pour te sauter à la gorge pour la moindre petite boulette, les anachronismes, les problèmes de sources ou les interprétations douteuses… Bref il faut en avoir, du moins dans le cerveau, pour se frotter à ces passionnés du parchemin. Comment a été accueillit l’arrivée de Confession d’histoire sur la toile?

Très vite, La Guerre des Gaules est arrivé entre les mains de professeurs, en particulier de Latin (de par le sujet et la présence de quelques références latines). Non seulement ils ont adoré mais certains ont commencé à utiliser la vidéo en classe ! Par la suite, ce sont des profs d’Histoire, des universitaires, des archéologues, des acteurs du monde de la reconstitution historique qui nous ont communiqué leur enthousiasme et transmis leur félicitations et qui ont unanimement validé les informations historiques exposées dans la vidéo. D’autres vidéastes, oeuvrant dans le domaine de l’Histoire (mais pas que) ont relayé l’épisode à un plus large public : Parlons Y-stoire, Histoire Brève, ou bien sûr l’incontournable Nota Bene

Avec le second épisode, « La Première Croisade », on est allé sur un terrain un petit peu plus polémique que l’antiquité, puisque touchant aux religions monothéistes. Là encore, fort heureusement, la vidéo a été très bien accueillie par tous, à l’exception de quelques catholiques traditionnels qui n’ont pas apprécié que l’on fasse de l’humour sur le sujet, et suspectant un parti-pris anti-chrétien, alors même qu’il n’en est rien, et que l’épisode se moque gentiment de tous les protagonistes… Le fait est qu’en France en particulier, pays féru d’Histoire, ce domaine est un terrain miné politiquement, notre passé étant sans cesse pris en otage par tous les bords. Nous, nous avons pris le parti d’être aussi a-politique que possible et de mettre en avant l’humour sans jamais se départir, malgré la caricature, d’un véritable amour pour tous ces personnages.

 

Bien évidemment, tout ce que nous faisons dire à nos interviewés est sourcé. Mais il arrive souvent en Histoire de tomber sur des sources contradictoires. Dans ce cas, il convient de privilégier le point de vue qui correspond le plus au personnage qui parle, et en derniers recours de privilégier la source qui offre le plus de matière à faire de l’humour. Les Notes historiques qui accompagnent chaque épisode sur le site sont là pour exposer les autres sources, préciser ou relativiser les propos des uns et des autres.
Du point de vue des professeurs qui utilisent les vidéos, il est intéressant que celles-ci permettent d’ouvrir un débat, d’en discuter et de se poser les questions qui surgissent inévitablement après visionnage. Les faits sont ce qu’ils sont, mais c’est en matière d’interprétation de ces faits que l’Histoire est un exercice critique stimulant. En classe, un épisode de Confessions d’Histoire ne saurait en aucun cas se substituer au cours du professeur bien évidemment, mais par contre cela constitue un outil très intéressant pour ces derniers, notamment pour lancer un sujet…

Je tiens cependant à préciser un point : Confessions d’Histoire n’est pas a priori destiné aux jeunes (et vu la grossièreté de certains personnages, certainement pas aux plus jeunes)… Pas mal de gens, aujourd’hui encore, associent par méconnaissance Youtube à la jeunesse (au sens « adolescents »). Il est vrai qu’Internet (bien au-delà de Youtube) est devenu le mode de consommation d’image exclusif des nouvelles générations, toutefois les plus âgés s’y sont mis il y a un bon moment, même si eux continuent de regarder la télévision. Il se trouve que les abonnés de notre chaîne sont non seulement des adultes mais pour certains des adultes d’un âge respectable dont on sent (de par les commentaires qu’ils laissent) que Confessions d’Histoire constitue le premier pas dans la galaxie des chaînes Youtube… Une galaxie qui en France continue jour après jour de voir naître de nouvelles étoiles et ce dans tous les domaines, des plus légers aux plus pointus, avec une qualité qui croît sans cesse. Si la télé permet la diffusion de beaucoup de documentaires et de reportages très intéressants, force est de constater qu’au niveau strictement « émissions » il n’y a plus aucune inventivité, aucune créativité, aucune prise de risque (quelle nouvelle émission à la télé aujourd’hui n’est pas l’adaptation d’un concept déjà testé à l’étranger ?). C’est la condescendance envers le public et la frilosité qui tue la télé. Et c’est du coup sur le web que les choses se passent. J’espère que le grand public trouvera de plus en plus le chemin vers tous ces vidéastes (le terme « Youtubeur » semble de plus en plus inapproprié devant le nombre de plate-formes disponibles)…

 

Chapitre III : L’histoire sur Youtube, un passé en devenir ?


Lorsque j’ai découverts Confession d’histoire, je me suis regardé la trilogie d’une traite. Je l’ai revue d’ailleurs plusieurs fois avec des copains. J’imagine qu’il doit y avoir une pression énorme du côté de tes fans, et je me demande comment peut-on aider pour connaître au plus vite la suite du prochain épisode ?

Le crowdfunding que nous avons lancé en décembre a permis de lever assez de dons pour refaire en 2016 ce que j’avais financé de ma poche en 2015, à savoir trois épisodes de durée très variables, ainsi qu’un ou deux « interludes publicitaires », le nouveau format court de type fausse pub (le premier sur les templiers est en ligne depuis début Janvier)…

Par contre on reste sur du système D, et le recours au bénévolat pour le plus de choses possible, le budget ne permettant de couvrir que le studio, les lumières, les caméras, une partie des costumes (heureusement, de plus en plus d’associations de reconstitution historique nous aident) et quelques dépenses incontournables…On n’a pas les moyens de faire plus. Et il ne s’agit pas que de moyens financiers mais aussi tout simplement de temps car ces épisodes en prennent énormément pour l’écriture, la préparation (il faut renouveler le casting à chaque épisode) et ensuite la finalisation… Et l’avenir étant incertain, nous verrons bien de quoi il sera fait pour les épisodes suivants. Ce qui est sûr, c’est que je suis bien décidé à tout faire pour que Confessions d’Histoire garde sa liberté et ce ton qui lui est propre.

C’était mon projet personnel, c’est aussi devenu aujourd’hui celui de tous les donateurs qui ont participé au financement, que ce soit par le crowdfunding ou par le biais du Paypal que nous avons installé sur le site et qui permet de faire directement des dons à l’association.

Trois épisodes par an c’est peu pour le public, mais c’est énorme pour notre petite équipe. Il faut bien voir que Confessions d’Histoire tiens plus du court métrage que de l’émission, et peu de gens font trois courts-métrages dans une année !… C’est un peu frustrant car il y a tant de périodes et de personnages que je souhaite aborder… Rien que la guerre de Cent ans pourrait demander trois épisodes à elle seule, entre les rois maudits, les Bourguignons et les Armagnacs, Charles le fol et bien sûr l’épopée johannique…

C’est sans fin !…

Merci Ugo d’avoir répondu à nos questions et longue vie à Confession d’histoire, qui aura le mérite d’être à mon sens, l’initiative d’un concept qui n’en finira pas d’être détourné. Et si comme moi, vous avez envie de faire connaître à votre entourage cette émission web, voici tous les liens utiles pour cliquer, partager et faire des dons.

Faire un don pour confession d’histoire en cliquant ici

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